banniere la chasse au tigre tozoid et vula tranche de vie Allô Lulu ?! Allô Lulu ?!

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mercredi 3 avril 2013

Montjoie, Saint-Denis, Yault !




Salut vieux blog, salut si vous passez par là.

Réécrire ici laisse une drôle de sensations. Les spams se sont glissés partout dans les commentaires, les liens des gens en lien ne sont plus à jour (googlisez-les, ils sont fantastiques), j'ai l'impression qu'au détour d'un clic je vais y croiser des noiraudes comme dans Totoro. J'ai parlé ici et publié beaucoup de dessins et recherches autour de Heavy Metal. Je suis venu parler de ça. J'ai fini cette BD. J'ai fini. Je range mon bureau. C'est la première BD où je lâche la main de Stéphane Melchior-Durand pour développer une histoire moi-même. Une BD qui pour 1000 facteurs extérieurs ou personnels a été longue à produire. J'ai souvent eu la sensation de savoir ce que j'y racontais mais que ça m'échappait. Les fois où je le rattrapais ça me redépassait encore de manière inattendue. Jusqu'à la fin il y aura eu des ajouts ou des corrections d'apparence mineures, malgré un story-board découpé au cordeau.

Heavy Metal, j'ai beaucoup voulu que ça cogne, que ça me cogne et vous cogne. On m'a beaucoup dit, "tu sais dessiner, mais sur ce coup-là, il faut que tu le prouves". Merci Martin. J'ai beaucoup eu peur de ma ligne. De la décevoir, de la briser. J'ai souvent entamer des pages avec la peur au ventre, la tête qui grésille et la plume épileptique. L'impression que l'alchimie papier + encre + métal de la plume est potentiellement explosive, qui a beaucoup plus de chances de me péter à la gueule façon ceinture d'explosifs que de péter à celles des autres façon feu d'artifice. Je me demande parfois si ma ligne n'est pas une esthétisation de la violence, de ma propre violence, la pire, la rentrée, et que c'est pour ça qu'elle me semble ingérable. Que je cherche à lâcher ça, où plutôt que ça me lâche, pour toucher quelque chose de beau. Mais que par ailleurs, sans ça, je ne pourrais rien toucher de beau. Oui, Heavy Metal, c'est la vie romancée d'Etienne de Vignolles, dit La Hire, compagnon d'armes de Jeanne d'Arc. J'ai longtemps habité Orléans, ça marque. C'est la fin de l'époque médiévale, c'est la fin de la chevalerie, c'est la fin du Royaume de France et tout qui fout le camp. Heavy Metal, c'est toucher le ciel avec 30 kgs de métal sur le dos et les pieds dans la boue. La Hire, c'était un dégueulasse qui a servi une cause noble. Pas sauver le Royaume de France. Suivre une illuminée, une allumée, comme vous voulez. J'ai voulu parler de ça. On parle beaucoup dans cette BD. Il y a évidemment beaucoup d'action, je crois que je ne conçois pas un récit autrement. Avec l'espoir que les dialogues et le récit vous attirent dans l'eau, que le découpage et l'action vous mordent par les mollets et vous attirent au fond.

Je range mon bureau, redécouvre des choses oubliées sous les amas, retire les notes et les dessins de recherche du mur face auquel je travaille. Je retire cette grande repro N&B de la bataille de San Romeno par Uccello. Elle opérait comme un horizon. Masquée par plein de notes ou post-its, mais là. Il y a des vieilles plumes échouées dans plein de recoins. C'est un champ de bataille où je suis seul et je me demande ce que j'y laisse. Heavy Metal sortira le 7 Mai. J'ai pu le finir à temps grâce à l'aide de cinq personnes que je remercie ici encore vivement, cinq personnes qui se sont chargées de préparer les aplats de couleur sur quasiment la moitié des planches. Grâce à Gallimard qui malgré mes retards répétés (mais Gallimard sait que ça arrive à tout le monde !!) a maintenu une date de sortie. La couverture fût la dernière chose faite. Décidée, puis bousculée. J'aimais beaucoup la première version, hyper minimale, même si Joann a eu un bon coup d'épaule là-dessus. Démontrer que je sais dessiner, encore. Puis les couleurs… les couleurs ! Encore une fois je leur ai laissé beaucoup de place en travaillant sur le noir & blanc, sans préméditer vraiment quelle place elles auraient. Je connaissais leur rôle, mais il leur a fallu beaucoup improvisé. Et puis par souci de timing j'ai failli être léger sur les couleurs. Puique après tout j'ai utilisé un lavis sépia sur les planches Noir et blanc, pourquoi forcer la couleur ? Quand je dis lavis sépia c'est en fait du café. Voire même des tâches de café. Et finalement non. Ces couleurs, j'ai voulu qu'elles charment, mais qu'elles heurtent et vous emmènent aussi. Du bling bling médiéval sépia fluo.

Je crois que c'est bien. Je suis content de moi. Fatigué mais content. Je pense que c'est vachement bien.

J'ai posté beaucoup de photos de Heavy Metal sur instagram. Une sorte de making-of. Pour garder une trace de ces moments où la ligne était à peine posée, les essais, les erreurs, le trait qui déclinait quand je m'endormais sur mes planches. C'est là : instagram.com/loicsecheresse

Je vais faire une bande annonce de Heavy Metal, pour laquelle le musicien Igorrr et son label m'ont gracieusement autorisé à utiliser un de ses morceaux. Et puis comme j'ai beaucoup dessiné en musique, j'ai viré les noiraudes qui traînaient dans la radio du blog et mis à jour la playlist. Playlist Heavy Metal, donc. Vous pouvez écouter, le haut-parleur, là, à gauche. Je fois être le seul à encore utiliser la radioblog développée par Kek…

Voilà, j'espère avoir tout dit sur Heavy Metal, pouvoir passer à autre. Mais si vous avez l'occasion de lire cette BD, ce que j'espère, je serais ravi que vous m'en parliez à votre tour.

Montjoie, Saint-Denis, Yault !

mardi 5 juin 2012

Heavy Metal in progress

mardi 29 mai 2012

Kitty Katana LazerGun

lundi 28 mai 2012

Nuage Vitesse Katana

vendredi 23 mars 2012

La Danse Forte

extrait de la note parue ici !


mardi 13 mars 2012

Une Nuit Sans Opéra - 3

samedi 10 mars 2012

Post-Moeb

(Je partage ce texte ici à propos de Moebius, d'abord posté sur mon compte Facebook, car j'estime après coup qu'il a sa place ici)
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Jean Giraud ne m'a jamais trop parlé. Pas le genre d'histoires de cow-boy qui me font tilter, pas la technique qui me fait tripper. Mais vous, Moebius, vous m'avez hurlé dans les oreilles. Ces folles histoires post SF, le grand ptérodactyle d'Arzach, vos couleurs directes, ces minuscules carnets papier, vos peintures numériques abstraites (début 90's sur Amiga je suppose ? ) m'ont facsiné. Et puis toutes ces promesses non tenues, quant à Arzach, des projets de films, ce souffle épique je crois qui m'a toujours manqué dans votre onirisme, tout ça m'a tout autant énervé et déçu, je vous en ai même voulu de cette frustration que vous avez créé chez moi, pour ne pas avoir mener aussi loin certains personnages ou idées. Arzach. Arzach quoi ! Pour moi ce qu'aurait pu devenir Arzach restera toujours plus haut que ce que Star Wars est !

Je suis dur avec vous, de toute façon vous vous en fichez, et je vous fait confiance pour trouver le plus chouette des chemins.

Je suis dur avec vous et un peu stupide aussi. Car je réalise combien les envies que vous n'avez pas mené à bout, ont été génératrices de mes propres inspirations et envies. Je ne sais pas si je peux vous qualifier de maître, c'est en tout cas la leçon de dessin que vous me laisserez. Bon voyage, et merci, Jean Giraud aka Moebius.